NEXVALIS Enquêtes & Anti-Fraude · Juillet 2026
Fraude aux dommages aux biens : ce que le dossier ne dit pas
La fraude aux dommages aux biens ne se détecte pas derrière un bureau. Elle se révèle sur le terrain.
En déplacement en province, depuis la terrasse d’un café où je travaillais entre deux rendez-vous, j’ai observé une scène qui résume à elle seule ce que les dossiers ne montrent pas : une équipe de remplacement de pare-brise abordait un couple et lui proposait un échange, soit un changement de vitrage contre un bon d’achat. La déclaration de sinistre serait faite par le prestataire, le remboursement obtenu, le bénéfice partagé. Le couple ne se pensait pas fraudeur. L’assureur indemniserait un sinistre qui n’avait pas eu lieu.
Un dossier de sinistre, aussi bien instruit soit-il, ne restitue que ce que le déclarant a choisi d’y mettre. Les circonstances réelles, les témoignages non sollicités, les détails qui ne figurent dans aucun formulaire. Tout cela reste invisible tant que personne n’est allé vérifier. C’est précisément le rôle de l’investigation indépendante en matière de fraude aux dommages aux biens.
La fraude DAB n’est pas ce qu’on croit
Le discours sur la fraude à l’assurance se focalise volontiers sur les réseaux organisés et les sinistres entièrement fabriqués. Ce sont des cas réels, mais ils ne représentent pas la majorité du préjudice subi par les assureurs.
Ce qui coûte le plus cher, c’est la fraude opportuniste : le sinistre est réel, mais on en profite. Un dégât des eaux survient, et l’assuré déclare également la télévision qui était déjà en panne. Un vol a bien eu lieu, mais la liste des objets dérobés s’allonge au fil des jours. Un incendie accidentel devient l’occasion de déclarer des biens jamais acquis.
Il y a aussi le gonflement de factures : devis surestimés, travaux partiellement réalisés, prestataires qui facturent des prestations fictives en s’appuyant sur la confiance que l’assureur accorde aux professionnels qu’il mandate.
Et il y a ce que l’on pourrait appeler la fraude par contagion sociale : l’ami qui l’a fait, ça a marché, alors on essaie. Ce vecteur de propagation est sous-estimé. Il ne nécessite ni réseau ni organisation. Il suffit d’un précédent non détecté.
Quand le prestataire devient le fraudeur
L’un des angles les plus préoccupants de la fraude DAB ne vient pas de l’assuré, mais des intervenants mandatés ou démarchant autour du sinistre. Les exemples sont concrets et observés sur le terrain.
Une équipe de remplacement de pare-brise aborde un couple dans un parking et leur propose de changer leur pare-brise, intact, en échange d’un bon d’achat. La déclaration de sinistre est faite par le prestataire, le remboursement obtenu, le bénéfice partagé. L’assureur indemnise un sinistre qui n’a pas eu lieu. Le couple, qui ne se pense pas fraudeur, a participé à une fraude organisée.
Ce type de montage repose sur une logique simple : le prestataire connaît les processus de remboursement, il sait ce qui sera vérifié et ce qui ne le sera pas. Il propose un partage de la valeur à l’assuré, qui n’a rien à perdre en apparence. La mécanique est rodée, le passage à l’acte est facilité, et la détection est difficile depuis un bureau.
Ce que l’analyse à distance ne voit pas
La gestion des sinistres DAB s’est rationalisée. Les volumes sont importants, les délais contraints, les processus standardisés. Dans ce contexte, l’analyse documentaire est la règle, et le déplacement terrain l’exception.
C’est précisément dans cet espace que la fraude prospère.
Un dossier bien monté résiste à l’analyse à distance. Les déclarations sont cohérentes, les factures présentées, les délais respectés. Ce qui ne figure pas dans le dossier, et que seule une présence sur place permet d’obtenir : c’est la réalité matérielle de la scène, les témoignages de voisins ou de tiers, les incohérences entre l’état déclaré et l’état constaté, les conditions météorologiques réelles au moment du sinistre, la chronologie des événements vérifiable indépendamment.
Ces éléments ne s’inventent pas. Ils se collectent. Et leur collecte suppose une présence physique, une méthode rigoureuse, et un cadre légal permettant de les rendre opposables.
La collecte des éléments de preuve : une discipline à part entière
Collecter des preuves dans le cadre d’une investigation DAB n’est pas une démarche libre. Elle est encadrée par le Code de la sécurité intérieure, les dispositions du RGPD, et les principes généraux du droit de la preuve. Un élément recueilli hors cadre légal n’est pas seulement inutile. Il fragilise la position de l’assureur qui s’en prévaut.
L’investigation menée par un agent de recherches privées agréé CNAPS garantit que chaque élément recueilli, témoignage, constatation visuelle, OSINT, surveillance,est obtenu dans le respect de ces contraintes et documenté dans une chaîne de conservation traçable.
C’est cette rigueur procédurale qui transforme un faisceau d’indices en un dossier exploitable : devant le service indemnisation pour la décision d’indemniser ou de refuser, devant les juridictions en cas de contentieux, devant le service LAF pour caractériser la fraude.
Les signaux que le terrain révèle
L’expérience terrain sur les dossiers DAB fait émerger des signaux récurrents que l’analyse à distance ne capte pas systématiquement. La chronologie déclarée qui ne résiste pas à la vérification des conditions réelles, météo, horaires de transport, disponibilité des intervenants. Le témoignage spontané d’un voisin qui contredit la version déclarée. L’état matériel des lieux incompatible avec le sinistre tel qu’il a été décrit. La facture de réparation établie avant même que le sinistre ait été déclaré.
Ces éléments ne figurent dans aucun formulaire. Ils n’émergent qu’en allant les chercher.
Ce que l’investigation apporte à la décision
L’objectif d’une investigation DAB n’est pas de présumer la fraude. C’est d’établir les faits de manière indépendante, pour permettre à l’assureur ou à l’avocat de prendre une décision éclairée.
Lorsque les faits constatés corroborent la déclaration, l’indemnisation est sécurisée. Lorsqu’ils la contredisent, le dossier peut être instruit différemment. Dans les deux cas, la décision repose sur des éléments vérifiés, pas sur une analyse documentaire qui ne peut, par nature, voir que ce que le déclarant a choisi de montrer.
C’est cette valeur, un second regard factuel, indépendant, recevable,que NEXVALIS apporte sur les dossiers dommages aux biens à fort enjeu ou à déclaration douteuse.
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